Patrimoine industriel de Mayotte - Fabrication du sucre au XIXe siècle
Fabrication du sucre au XIXe siècle

Fabrication du sucre au XIXe siècle (6)

Cette catégorie d'articles est destinée à illustrer et à vulgariser le mode d'emploi d'une usine sucrière au XIXe siécle paru dans "Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l’industrie française et étrangère “par Armangaud aîné disponible à la BNF.

 

INSTALLATION DE MM. BRISSONNEAU FRÈRES, CONSTRUCTEURS MECANICIENS A NANTES.


La sucrerie coloniale dont nous publions le dessin fonctionne à Nossi-bé. Elle a été installée par MM. Brissonneau frères, qui en ont également construit, sur un plan analogue, un grand nombre à Maurice, à la Réunion et aux Antilles;en ce moment même, ils en préparent plusieurs pour le Brésil.

Voici, en quelques mots, l'explication du jeu des appareils de la sucrerie:

 Les cannes ayant été coupées, sont apportées au moulin, qui les broie. Ainsi extrait, le jus se rend, par des conduits dans des défécateurs pour la clarification, travail qui commence par l'addition d'une certaine quantité de chaux. Quand le mou [liquide provenant de la canne) a atteint le 70° degré thermométrique, on l'agite avec un long bâton , afin d'obtenir le meilleur mélange possible, et bientôt la défécation est faite, ce qui se reconnaît au chapeau d’écume dont la surface se couvre.

L'opération achevée, on laisse reposer le liquide (c'est le moment de sa décantation), puis on l'envoie, toujours à l’aide de conduits, dans les batteries Gimart, où il est soumis à l'ébullition. Alors, si le vesou manque de chaux, le chef de batterie l'arrose avec de l'eau de chaux, ce qui facilite le nettoyage des écumes. Aussitôt qu'il est condensé à 23 degrés de l'aréomètre Baume, le vesou pénètre dans un réservoir où se fait une nouvelle décantation. Du réservoir, le liquide passe dans les chaudières basse température, dites Wetzell : c'est là que la cuisson du sirop s'achève. Lorsqu'on a obtenu enfin un degré satisfaisant de cristallisation, des soupapes sont ouvertes, et le sucre se répartit, au moyen de canaux, dans les refroidisseurs, grandes tables en madrier réunis et bien joints, ou en maçonnerie revêtue d'asphalte

Au bout de vingt-quatre heures, le sucre, parfaitement refroidi, est cassé à la pioche sur la table, pour être soumis au coupe.sucre, d'où il passe à la de la turbine, on le porte à la sécherie, et, après avoir reçu, deux heures durant, les rayons du soleil, il est emmagasiné, après avoir été, au préalable, mis en sacs, à raison de 62 kilogrammes 500 grammes par sac.


Dans la gravure que nous publions, on voit d'abord, en commençant par la gauche, les générateurs; puis se présentent : 1° le moteur ; 2" la transmission; 3° le moulin à cannes.Les défécateurs viennent ensuite : le dessin n'en montre que deux, mais l'usine en possède quatre. Enfin, un escalier mène aux chaudières Wetzell et aux turbines. En raison de la disposition de l'établissement, notre dessin n'a pu faire voir les batteries Gimart, les refroidissoirs, le coupe-sucre et la sécherie.

coupe usine

MM Brisonneau frères ne se recommandent pas seulement par l'excellence combinaison de leurs sucreries coloniales, on leur doit aussi l'installation d'excellentes raffineries nantaises, établissements modèles qui ne peuvent rivaliser qu'entre eux , celle de forges trés importantes et de nombreuses huileries ,scieries , minoteries etc ....

Enfin ils ont fourni à l’industrie et au commerce une masse presque incalculable de moteurs fixes, de locomobiles , de machines marines ou pour la navigation fluviale et d'appareils en tous genres.On le voit leur atelier est des plus considérables . C'est en effet l'un de ces beaux et vastes établissements métallurgiques qui font orgueil et la fortune de Nantes

 

OLIVIER MERSON 

 Source : Google Books

Le processus décrit dans cet article correspond au processus utilisé sur le site d'(H)ajangua

Un descriptif beaucoup plus détaillé et technique de cette usine située à Nossi-bé est disponible en cliquant ci dessous

 

Première étape du processus de fabrication 

 

Nous avons déjà publié avec beaucoup de détail deux systèmes de moulins propres à écraser la canne pour en extraire le jus, l’un , composé de trois cylindres avec moteur adhérent et une chaîne sans fin, établi par MM. Mazeline frères, et l’autre , formé de cinq cylindres, pour obtenir quatre pressions suc­cessives, et exécuté par M. Nillus, l’un de nos premiers constructeurs qui se sont occupés des moulins à canne.

Moulin à cinq cylindres  (Nillus, Le Havre)

2ème étape du processus de fabrication du sucre

 

Extrait résumé de la “ Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l’industrie française et étrangère “par Armangaud aîné. Source gallica.bnf.fr (BNF)

Le rédacteur du site ne peut être tenu responsable de la terminologie et du vocabulaire employés dans ces extraits.

Le jus ou vesou qui sort de la canne, au fur et à mesure que celle-ci est pressée par les cylindres, tombe dans une sorte de bassine plate ou de gouttière formée par le fond même de la plaque d’assise du moulin, d’où partent deux gros tuyaux  qui, en se prolongeant à droite et à gauche, le déversent successivement et directement dans les chaudières dites de défécation : on évite de cette sorte le contact de l’air qui développe rapidement des ferments nuisibles.

 

 Détail présentant le local à chaudières, le groupe moteur à vapeur et moulin ainsi que les quatre chaudières de défécation (in " Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l’industrie française et étrangère “par Armangaud aîné.Planche 31 et 32 " Source gallica.bnf.fr (BNF)

 

Détail présentant le local à chaudières, le groupe moteur à vapeur et moulin ainsi que les quatre chaudières de défécation (in " Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l’industrie française et étrangère “par Armangaud aîné.Planche 31 et 32 " Source gallica.bnf.fr (BNF)

Source Gallica.fr

Ce mode d'emploi et ce plan correspondent approximativement à la batterie installée sur le site de Soulou

 

 

 
 

LA BATTERIE DE GIMART

Aussitôt après la défécation, les écumes étant enlevées, on fait écouler le jus par le tuyau, qui, passant au-dessous de chaque chaudière, se prolonge jusqu'en dehors du bâtiment principal de l'usine, pour l'amener dans les chaudières d'évaporation.

Dans la plupart des sucreries coloniales, ces chaudières étaient encore, jusqu'à ces dernières années, formées d'un équipage de grandes bassines hémisphériques en fonte, de différentes dimensions, et que l'on distinguait par la propre, celle qui recevait le jus déféqué, par le flambeau, où l'on reconnaissait à la couleur et à la limpidité du liquide si la défécation était complète. Puis le jus passait dans la bassine nommée sirop, où il continuait à se concentrer en prenant une consistance sirupeuse, et ensuite on le versait dans la chaudière appelée batterie, à cause du bruit que faisait l'ébullition du sirop en approchant du degré de cuite, terme de l'évaporation.

boiler

 

 

Extrait résumé de la " Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l'industrie française et étrangère "par Armangaud aîné. Source gallica.bnf.fr (BNF)

Le rédacteur du site ne peut être tenu responsable de la terminologie et du vocabulaire employés dans ces extraits

"La fabrication du sucre de canne s’est sensiblement modifiée depuis quelques années  Des constructeurs habiles ont su apporter dans l’instal­lation des appareils qu’ils y appliquent, des améliorations notables qui ont permis d’obtenir un plus grand rendement, tout en diminuant la main-d’œuvre."

La création d'énergie.

"La machine à vapeur qui est de la force nominale de 16 chevaux, mais pouvant faire aisément 20 chevaux, est du système horizontal à haute pression, avec détente variable, comme on le fait le plus généralement aujourd’hui. Cette disposition, (...) est plus économique de construction, plus facile à conduire, et exige beaucoup moins de fondation que celle des ma­chines à balancier. Elle se prête d’ailleurs aisément à la transmission de mouvement, à la surveillance et aux réparations(...)"