dimanche, 22 novembre 2015 11:14

Processus de fabrication du sucre à la fin du XIXe siècle (Les turbines ou hydro-extracteurs)

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Huitième étape du processus de fabrication

Extrait résumé de la “ Publication industrielle des machines, outils et appareils les plus perfectionnés et les plus récents employés dans les différentes branches de l’industrie française et étrangère “par Armangaud aîné. Source gallica.bnf.fr (BNF)

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APPAREILS CENTRIFUGES.
 
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Nous avons peu de chose à dire sur la construction de ces ingénieux appareils, qui sont aujourd'hui bien connus, et qui ont été ailleurs décrits avec beaucoup de détail, d'une part, dans le XI e volume de ce Recueil, qui en fait bien voir l'origine et les premières applications au séchage des tissus (1), et en second lieu dans le xie volume, qui, en montrant le mode d'exécution adopté par la maison Cail et Cie et par d'autres constructeurs, démontre les nombreuses etnouvelles applications que l'on peut en faire dans une foule d'industries. Le 1er volume du Génie industriel a donné également un historique complet sur les divers emplois de ces appareils et a fait connaître les inventeurs qui s'en sont occupés.
 
 
 
Planche hydro-extracteur Brissonneau
 
 
Quant aux sucreries, on regarde encore aujourd'hui l'introduction des turbines centrifuges comme l'un des perfectionnements les plus utiles que l'on ait apportés dans cette opération importante de la fabrication.
Les centrifuges Z, indiqués sur le dessin (fig 1 et 2, pl 31) sont au nombre de quatre, placés très proches l'un de l'autre, sur une même assise de charpente.
Ou sait que ces appareils se composent chacun d'une sorte de cuve en fonte, de forme cylindrique, à base curviligne et à rebord saillant, et au centre duquel se meut un tambour en bronze à fond conique avec rebord supérieur qui saillit en dedans, pour empêcher la masse liquide de se projeter au dehors pendant la rotation rapide qui lui est imprimée.
 
Turbine à sucre
 
Turbine site d'(h)ajangua (Brissonneau,Nantes)
 
 
La paroi latérale, percée de trous, est garnie intérieurement d'une toile métallique très serrée, contre laquelle se projette le sucre, en formant une sorte de croûte plus ou moins épaisse, pendant que la mélasse s'échappe par les orifices multipliés du vase, pour s'écouler dans la rigole ménagée à la base de la cuve. En quatre ou cinq minutes cet égouttage forcé épure mieux les sucres que ne pouvait le faire, en 15 jours, l'égouttage des formes.
 
Détails du cône de projection et du tamis
 
Détails du cône de projection
et du tamis (Site d'(h)ajangua)
 
 
On peut sans désemparer effectuer, comme dans les sucreries de betterave, plusieurs clairçages successifs ; il suffit à cet effet de jeter dans le tambour, une, deux ou trois fois, pendant la rotation, de la clairce graduellement plus pure le liquide se répartit aussitôt entre la couche verticale du sucre, filtre au travers de celui ci, et sort définitivement par la tubulure pratiquée en
un point de la rigole circulaire de la cuve .
 
Chaque clairce est dirigée suivant sa nuance dans un récipient particulier. On parvient ainsi, dit M. Payen, à égoutter et claircer trois fois le sucre dans l'espace de 6 à 8 minutes, tandis que les mêmes opérations duraient 20 à 40 jours suivant la viscosité des sirops. On évite l'altération des produits, l'emploi de grands locaux, et on diminue notablement l'importance du capital de roulement.
 
Après cette dernière opération, on retire de la turbine le sucre ainsi purgé, puis à l'aide d'un chariot on le transporte dans une grande salle, qui forme magasin sur le prolongement de l'usine, et dans laquelle il est ensuite pesé et mis en sac.

(1)En publiant pour la première fois, en 1844, les appareils à force centrifuge appelés alors hydroextracteurs
(IIIéme vol. de la Publication industrielle),nous avons dû, en parlant de l'inventeur M. Penzoldt faire connaître toutes les difficultés qu'il avait éprouvées pour rendre ces appareils manufacturiers.
 
Réduit à de faibles ressources après tous ses essais, il venait de céder son privilège à l'un de ses compatriotes, M. Rohlfs, fabricant de petits articles de Paris, et qui l'aida à vivre tout en recherchant avec lui les applications que l'on pouvait faire pour l'emploi
d'un tel système. .C'est ainsi qu'ils livrèrent des hydroextracteurs à des teintureries, à des lavoirs, à des manufactures de toiles peintes, et qu'ils proposèrent d'en faire pour des féculeries, des amidonneries et pour les fabriques de sucre .
 
Ils arrivèrent à l'Exposition de 1849 avec un appareil destiné a des applications de ce genre. Mais, il faut bien le dire, n'étant pas mécaniciens, et cherchant à apporter dans leurs appareils le plus d'économie possible, ceuxci n'étaient pas exécutes avec les soins ni avec la solidité désirables. Aussi, rencontrant un jour M. Cail dans la galerie des machines de l'Exposition, nous nous trouvions en présence de cet appareil Penzoldt et Rohlfs; je profitai de la circonstance pour lui dire
« Voilà, une machine qui serait appelée a rendre de grande services à l'industrie, et en particulier aux fabriques de sucre, si elle se trouvait entre les mains d~un constructeur habile comme vous; elle serait d'abord beaucoup mieux établie, et je suis certain que
vous en tireriez un très grand profit. Puis j'ajoutai « Je crois qu'il serait facile de vous entendre avec les brevetés, qui ne sont pas, comme vous, en position de faire valoir cette invention.)'
 
Détail étrier de turbine (Rohls et Seyrig)
 
Détail d'un étrier de turbine Rohlfs et Seyrig (Site de Soulou)
 
 
Notre prophétie s'est accomplie. M. Cail comprit aisément et ne tarda pas à donner a l'exploitation de cet appareil une grande extension, après s'être associé également avec M. Seyrig, qui, de son coté, s'était fait breveter dans cette même année 1849 pour des appareils analogues destinés au clairçage des sucres. C'est par milliers que l'on compte aujourd'hui le nombre de turbines centrifugea sorties de la maison Cail et C" pour les sucreries et les raffineries. Depuis plusieurs années la société Rohlfs, Seyrig et Cie fait une pension de 1200 francs à M.Penzoldt jusqu'à expiration de leurs brevets
 
 
 
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