jeudi, 08 janvier 2015 03:44

La sucrerie coloniale vue par l'illustration, Volume 40 Couverture J. Dubochet, 1862

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INSTALLATION DE MM. BRISSONNEAU FRÈRES, CONSTRUCTEURS MECANICIENS A NANTES.


La sucrerie coloniale dont nous publions le dessin fonctionne à Nossi-bé. Elle a été installée par MM. Brissonneau frères, qui en ont également construit, sur un plan analogue, un grand nombre à Maurice, à la Réunion et aux Antilles;en ce moment même, ils en préparent plusieurs pour le Brésil.

Voici, en quelques mots, l'explication du jeu des appareils de la sucrerie:

 Les cannes ayant été coupées, sont apportées au moulin, qui les broie. Ainsi extrait, le jus se rend, par des conduits dans des défécateurs pour la clarification, travail qui commence par l'addition d'une certaine quantité de chaux. Quand le mou [liquide provenant de la canne) a atteint le 70° degré thermométrique, on l'agite avec un long bâton , afin d'obtenir le meilleur mélange possible, et bientôt la défécation est faite, ce qui se reconnaît au chapeau d’écume dont la surface se couvre.

L'opération achevée, on laisse reposer le liquide (c'est le moment de sa décantation), puis on l'envoie, toujours à l’aide de conduits, dans les batteries Gimart, où il est soumis à l'ébullition. Alors, si le vesou manque de chaux, le chef de batterie l'arrose avec de l'eau de chaux, ce qui facilite le nettoyage des écumes. Aussitôt qu'il est condensé à 23 degrés de l'aréomètre Baume, le vesou pénètre dans un réservoir où se fait une nouvelle décantation. Du réservoir, le liquide passe dans les chaudières basse température, dites Wetzell : c'est là que la cuisson du sirop s'achève. Lorsqu'on a obtenu enfin un degré satisfaisant de cristallisation, des soupapes sont ouvertes, et le sucre se répartit, au moyen de canaux, dans les refroidisseurs, grandes tables en madrier réunis et bien joints, ou en maçonnerie revêtue d'asphalte

Au bout de vingt-quatre heures, le sucre, parfaitement refroidi, est cassé à la pioche sur la table, pour être soumis au coupe.sucre, d'où il passe à la de la turbine, on le porte à la sécherie, et, après avoir reçu, deux heures durant, les rayons du soleil, il est emmagasiné, après avoir été, au préalable, mis en sacs, à raison de 62 kilogrammes 500 grammes par sac.


Dans la gravure que nous publions, on voit d'abord, en commençant par la gauche, les générateurs; puis se présentent : 1° le moteur ; 2" la transmission; 3° le moulin à cannes. Les défécateurs viennent ensuite : le dessin n'en montre que deux, mais l'usine en possède quatre. Enfin, un escalier mène aux chaudières Wetzell et aux turbines. En raison de la disposition de l'établissement, notre dessin n'a pu faire voir les batteries Gimart, les refroidissoirs, le coupe-sucre et la sécherie.


MM. Brissonneau frères ne se recommandent pas seulement par l'excellente combinaison de leurs sucreries coloniales. On leur doit aussi l'installation des grandes raffineries nantaises, établissements modèles qui ne peuvent rivaliser qu'entre eux; celle de forges très importantes, et de nombreuses huileries, scieries, minoteries, etc. Enfin, ils ont fourni à l'industrie et au commerce une masse presque incalculable de moteurs fixes, de locomobiles, de machines marines ou pour la navigation fluviale , et d'appareils de tous genres. On le voit, leur atelier est des plus considérables. C'est, en effet, l'un de ces beaux et vastes établissements métallurgiques qui font l'orgueil et la fortune de Nantes.

OLIVIER MERSON.
Source : Google books

Le processus décrit dans cet article correspond au processus utilisé sur le site d'(H)ajangua

Un descriptif beaucoup plus détaillé et technique de cette usine située à Nossi-bé est disponible en cliquant ci dessous

 
Lu 583 fois Dernière modification le jeudi, 08 janvier 2015 06:20